Machine à calculer mécanique

L'apparition du premier PC date de 1981, et la première calculatrice électronique de 1972. Mais comment diable faisait-on pour calculer avant l'invention de ces technologies ?

Comment faisait le comptable pour totaliser ses écritures, le commerçant pour calculer sa TVA, le scientifique pour chiffrer ses hypothèses, etc ?

Et bien depuis 1820 et la commercialisation du premier arithmomètre par Charles-Xavier Thomas, dit Thomas de Colmar, on utilisait des machines à calculer mécaniques sur lesquelles il fallait déplacer des curseurs et tourner des manivelles. Au cours du 20ème siècle, on améliora ces machines, en remplaçant les manivelles par de petits moteurs électriques, puis en y ajoutant un petit rouleau de papier sur lequel la machine imprimait les résultats. Ces améliorations ne constituaient pas de rupture technologique car le principe de fonctionnement était toujours mécanique, mais elles rendaient l'utilisation plus confortable.

En 2019, j'ai trouvé dans une brocante une machine à calculer suédoise de marque "Original Odhner", modèle 239. Il s'agit d'un modèle relativement récent puisque fabriqué entre 1955 et 1967. Il a ensuite été remplacé par le modèle 1049 (qui n'était autre que le modèle 239 rebadgé), commercialisé entre 1967 et le début des années 70, et qui fut le dernier modèle de machine à calculer Odhner. Il est clair que l'avènement des calculatrices électroniques en 1972 a porté un coup fatal aux machines à calculer mécaniques.

Une Odhner 239 est composée de plus de 700 pièces. Autant vous dire tout de suite que si j'avais tout démonté, j'aurai été bien incapable de la remonter. Je me suis donc contenté d'extraire des blocs (tambours, afficheurs à roues, boutons et leviers, de les nettoyer minutieusement avec un dégraissant puissant, puis de les lubrifier avec un lubrifiant pour serrures. J'ai été bien aidé dans cette tâche par toutes les informations publiées par un australien du nom de John Wolff qui a mis en ligne un site très bien rédigé sur le démontage et le remontage de cette machine.

La tâche restait néanmoins ardue car les termes techniques utilisés pour désigner la multitude de pièces n'étaient pas fidèlement traduits par Google Translate, plus à l'aise avec les phrases courantes qu'avec les descriptifs techniques. Sur les conseils de John, j'ai finalement obtenu de meilleurs résultats avec le traducteur Deepl. Après remontage, la machine semblait refonctionner, mais il restait encore un blocage lors de la comptabilisation d'une retenue sur le compteur de tours. Il fallait alors démonter toute la machine pour la débloquer. Pas satisfaisant.

Heureusement, John est venu à mon secours en m'envoyant quelques photos détaillées du compteur de tours avec des flèches qui désignaient les différentes pièces et les dénominations techniques utilisées sur son site. Cette fois, je comprenais quel mot désignait quelle pièce. J'ai alors pu déterminer d'où venait le blocage et y remédier, toujours à l'aide de dégraissant et de lubrifiant. J'ai finalement pu terminer la restauration de cette petite merveille mécanique qui est de nouveau totalement opérationnelle.

En fait, la seule chose qui peut mettre en panne ce genre de machine, c'est de ne plus l'utiliser quotidiennement. Soit l'humidité oxyde quelques pièces, soit la graisse se solidifie et en bloque quelques autres. Un nettoyage minutieux suivi d'une bonne lubrification, et c'est reparti pour un tour... de manivelle ;-)

Publié le lundi, juin 24 2019 par Enos